Résoudre les conflits

Sortir de la souffrance en situation conflictuelle

3 habitudes qui empoisonnent vos relations

3 habitudes qui empoisonnent les relations

Dans tout contexte social, une communication de mauvaise qualité dans vos relations représente un terrain fertile dans l’émergence de conflits.

Savoir diagnostiquer la “santé” des interactions est un bon moyen de prévenir certaines situations conflictuelles.

Prenez un petit instant pour prendre du recule sur vos échanges quotidiens avec les autres:

Les jugements, et les critiques sont-elles fréquentes dans les échanges? Y’a t-il une réelle écoute au sein des relations? L’esprit de compétition est-il plus présent que l’esprit de coopération?

Dans cet article je vais vous présenter 4 habitudes identifiées par Marshall Rosenberg qui dégradent les relations et bloquent la compassion entre les personnes.

Prendre conscience de ces habitudes de pensées et de communication est un bon point de départ pour retrouver des relations plus humaines avec les autres.

Dans sa démarche de construction de la CNV, Rosenberg à cherché à identifier les facteurs qui nous éloignent de notre compassion pour les autres.

Ces facteurs, il a su les trouverr dans notre manière de penser et de communiquer.

En effet, il nous explique que nous avons inconsciemment intégré des habitudes de communications et certains mécanismes de pensées qui favorisent une forme de violence dans nos interactions.

les jugements moraux CNV

Les jugements Moraux

La première habitude de communication est le jugement moral.

Le jugement moral renvoie au fait de dévaloriser quelqu’un dont le comportement ne correspond pas à nos valeurs.

Par exemple: “elle est feignante”, “il est égoïste”, “ton comportement est inapproprié”.

Toute sorte de critique, de comparaison, de diagnostique, d’étiquette peut être assimilé à un jugement moral.

 

Cette habitude de communication nous pousse à catégoriser les autres et leurs comportements en deux catégories: le bien VS le mal.

Ainsi, ces deux catégories nous permettent de classifier les actions des autres en fonction de nos valeurs.

C’est ce qui va nous permettre de déterminer si quelqu’un est sympathique VS pas sympathique, responsable VS irresponsable, normal VS anormal etc.

Et c’est précisément ce type de jugement qui va couper la compassion que l’on pourrait ressentir pour la personne que l’on juge.

 

Réfléchissez-y quelques instants, et remémorer vous des situations ou inconsciemment vous avez jugez quelqu’un un proche, un collègue, n’importe qui.

Pensez à un collègue un petit peu moins porté sur les détails que vous. N’avez-vous jamais pensez des choses comme: “il est désorganisé”, “il manque de rigueur” ?

Maintenant pensez à votre conjoint.e qui vous donne parfois un peu trop d’affection, ou pas assez. Ne vous-êtes vous jamais dit “il/elle est un peu trop dépendant.e” ou au contraire “il/elle est distant.e , froid.e”?

 

Et bien si l’on prend un peu de recul sur ces différents jugements moraux on s’aperçoit qu’ils sont en fait le reflet de nos propres besoins et de nos valeurs.

Toutefois, dès lors qu’on les exprime de cette manière, on prend le risque de placer son interlocuteur dans une posture défensive en lui signifiant qu’il/elle n’est pas quelqu’un de “bien” par rapport à nos valeurs.

Deuxième option, la personne va souscrire au jugement que l’on fait d’elle, ressentir de la honte voir de la peur et tenter de se ‘”racheter” à nos yeux.

Ainsi, lorsque une personne va répondre à nos attentes par honte ou par peur au lieu d’agir par compassion, elle va progressivement perdre de la bonne volonté, expérimenter du ressentiment et éventuellement perdre de l’estime de soi.

Les comparaisons CNV

Les Comparaisons

Se comparer aux autres est la deuxième habitude qui bloque la compassion envers soi-même et les autres.

D’ailleurs, Dave Greenburg auteur du livre “How to make yourself miserable” met en évidence ce phénomène de manière très ironique.

Dans un premier temps, il propose des exercices où il faut se comparer avec des standards de beauté selon un ensemble de qualité physique ex: “taille, poids, muscles, etc…”

Ensuite, il nous propose de comparer les accomplissements de génies tel que Mozart, avec nos accomplissements personnels.

A ce stade, si vous êtes quelqu’un de “normal” vous devez déjà commencer à vous sentir vraiment misérable.

A travers ces exercices Greenburg cherche à nous faire prendre conscience que se comparer aux autres à des répercussions négatives sur soi et sur les autres.

En ce sens, cette comparaison va bloquer notre compassion vis-à-vis de nous même à travers un jugement que l’on aura sur soi.

Aussi, si nous nous comparons à quelqu’un qui répond moins bien à nos valeurs, nous allons être tentés de porter un jugement sur cette personne = Compassion bloquée.

Nier sa responsabilité CNV

Nier sa Responsabilité

D’après Rosenberg le troisième facteur qui peut dégrader la communication entre deux personnes est notre aptitude à nier notre responsabilité dans certaines de nos actions.

En effet, nous avons tendance à attribuer la responsabilité de certaines de nos actions à des facteurs extérieurs, comme par exemple:

  • Notre identité, notre condition, notre psychologie: “Si je bois c’est parce que je suis alcoolique”.
  • L’action des autres: “Si j’ai giflé mon enfant c’est parce qu’il a traversé la route en courant”.
  • La pression sociale: “Si j’ai commencé à fumer c’est parce que tous mes amis fumaient aussi”.
  • Les règles, les politiques: “Si je te renvoie pour ton comportement c’est à cause de la politique de l’école”.
  • Les rôles sociaux: “Je déteste travaillé mais j’y vais quand même parce que je suis un père et un mari”.
  • Les pulsions: “ J’ai été dépassé par mon envie de fumer”.

 

Pour enrayer ce phénomène il nous propose de remplacer ce langage par un langage impliquant d’avantage notre responsabilité dans nos actions.

“Je n’aime pas mettre de notes à mes élèves mais je le fais  car c’est la politique du lycée”.

“Je choisis de mettre des notes à mes élèves même si je n’aime pas car je ne veux pas perdre mon travail”.

 

En ce sens Rosenberg, veut nous conduire à adopter un langage dans lequel nous prenons pleinement responsabilité de nos actions.

En effet, dès lors que nous nous exprimons ainsi, nous devenons responsables des conséquences de nos actions.

C’est ce qui nous pousse à faire évoluer notre comportement en fonction de ses conséquences.

 

La plupart d’entre nous avons grandi en apprenant un langage qui nous encourage à juger, mettre des étiquettes, catégoriser, et comparer, en réaction à ce que nous ressentons en présence d’autrui.

Or nous aurions du grandir en apprenant à mieux comprendre nos ressentis et nos besoins pour ne pas avoir à utiliser un langage dévalorisant qui dégrade les relations et bloque la compassion envers soi et les autres.

De fait, notre éducation nous pousse à adopter un type de communication basé sur le jugement  pour ne pas que l’on ait à se remettre en question personnellement.

Ainsi nous apprenons très tôt à nous couper de nos besoins profonds, de nos ressentis et nous perdons l’aptitude à les communiquer clairement.

Discussion CNV

Discussion

La motivation première de Rosenberg est de nous rééduquer dans notre manière de communiquer avec nous même et avec les autres.

Il promeut un mode de communication humain, basé sur la compassion.

Ainsi, il déconstruit des codes de communications que nous avons intégré depuis le plus jeune âge, qui nuisent à nos relations.

A mon sens, cette vision de la communication est une vision saine et peut s’avérer utile dans la prévention des conflits en favorisant le développement de relations plus harmonieuses.

Cliquez ici pour lire l’article: la CNV: l’art de la compassion.

Néanmoins, il faut la percevoir avant tout comme un outils à appliquer dans certains contextes, non pas comme une formule magique applicable n’importe où, n’importe quand.

En effet, il y’aura forcément des situations stratégiques où vous serez en compétition avec d’autres personnes pour une raison où une autre.

Dans ce type contexte, vous ne serez pas forcément en mesure d’établir une relation basée sur de la compassion.

Toutefois, si vous souhaitez développer, fluidifier la communication au sein de votre équipe ou de votre famille par exemple, la CNV pourra vous fournir des outils pertinents.

 

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  1. Salut Bastien

    Comparaisons et jugements, on a beau savoir qu’ils sont néfastes, pas toujours simple de sortir de ces schémas bien ancrés depuis notre enfance. Je suis toutefois pleinement d’accord avec toi : en y travaillant patiemment, on se rend compte que l’on avance sur l’estime de soi et sur ses propres émotions.

    • Bastien HÜE

      Salut Valentine,

      Merci pour ton commentaire. En effet, les vieilles habitudes ont la vie dure.

      Toutefois, le simple fait d’en avoir conscience est déjà un grand pas en avant. 🙂

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