leviers d'action en conflit

Dans cet article, je vais vous présenter 5 questions à vous poser en situation conflictuelle, inspirées de ” Bargaining with the Devil: When to Negotiate, When to Fight “, de Robert H. Mnookin.

Ces questions ont l’intérêt de faciliter une prise de recul sur le conflit.

En effet, dans ce type de situation il est facile de se laisser happer par ses émotions (colère, peur, etc.).

Néanmoins, le sentiment d’injustice que vous ressentez, mêlé à de la colère et à de l’angoisse, ne doit pas contrôler vos actions.

Agir à chaud peut mener à une escalade du conflit, qui peut avoir des effets destructeurs pour toutes et tous.

C’est pourquoi, il sera souvent préférable d’analyser la situation avant d’agir.

Cela, dans l’optique de déterminer la/les meilleure(s) action(s) à mettre en oeuvre pour sortir de cette situation.

Il s’agit de garder la tête froide et d’aborder le problème de manière stratégique pour limiter les conséquences négatives du conflit.

1) Intérêts: Quels sont mes intérêts? Quels sont les intérêts de mon adversaire?

Quels sont mes objectifs dans cette situation?

Qu’est-ce que j’essaye d’accomplir et pourquoi?

Qu’est ce qui est important pour moi?

Certains de vos intérêts peuvent être très concrets:

Il peut s’agir d’argent, de propriétés physique, de ressources matérielles en tout genre.

D’autres intérêts sont bien plus abstraits:

Tel que, la réputation, le respect, les valeurs personnelles.

Concernant les intérêts de votre adversaire et au regard des informations que vous avez en votre possession:

Que savez-vous de ses intérêts?

Qu’est ce qui est important pour votre adversaire?

Qu’est-ce qu’il/elle valorise et pourquoi?

Vous poser ce type de questions, peut vous permettre d’imaginer des axes de négociation possible, de la perspective de votre opposant.

2) Avez-vous intérêt à négocier avec votre adversaire?

Quelles sont vos alternatives à la négociation?

Quelles sont les alternatives de mon adversaire?

Cette question met en évidence vos possibilités d’actions, hors négociation.

Si vous choisissez de ne pas négocier avec votre adversaire, quelles autres actions pouvez-vous mettre en oeuvre?

En quoi ces actions vont-elles servir les intérêts que vous avez identifié précédemment?

L’une de vos alternatives peut-être de ne rien faire du tout.

Vous pouvez tout simplement choisir de vous en aller et d’ignorer le conflit, par exemple.

Vous pouvez, à l’inverse, user de la force pour faire valoir vos intérêts.

Toutefois, si vous optez pour cette alternative, vous devez-être en mesure de justifier la légitimité d’une telle action pour que cela ne se retourne pas contre vous.

L’usage de la force, prend un sens différent en fonction du contexte dans lequel se situe le conflit.

Au sein d’une entreprise, user de la force peut signifier de faire grève par exemple.

Pour chacune des alternatives que vous identifierez, vous devrez ensuite considérer l’ensemble des conséquences qui peuvent en découler.

Quelles sont les conséquences positives/ négatives de chacune de ces alternatives?

Dès lors que vous avez dressé un portrait de l’ensemble des alternatives dont vous disposez et que vous avez identifié les conséquences possibles de chacune d’entre elles, choisissez la meilleure alternative.

Cette alternative vous servira de point de référence par rapport à chacun des compromis que l’on pourra vous proposer, si vous décidez de négocier.

Enfin, essayé d’anticiper les alternatives dont votre adversaire dispose.

En quoi, ces alternatives peuvent-elles vous affecter?

Plus votre alternative à la négociation est bonne, plus vous disposez de pouvoir de négociation.

Cela est également valable pour votre adversaire.

3) La négociation: existe t-il des compromis qui peuvent satisfaire les intérêts des deux parties plus que leur meilleure alternative à la négociation?

Cette étape implique que vous imaginiez des compromis qui puissent satisfaire les deux parties plus que leur meilleure alternative.

Afin de déterminer si ces derniers sont effectivement plus intéressant, il vous faudra analyser leurs avantages et inconvénients du compromis pour les deux parties.

Quelles sont les avantages et inconvénients de ces compromis pour les deux parties?

Ces compromis sont-ils plus intéressants que la meilleur alternative à la négociation, des deux parties?

4) Quels sont les coûts d’une négociation?

Les coûts d’une négociation peuvent être de différents ordres.

Négocier peut avoir un coût émotionnel.

De fait, négocier avec une personne avec laquelle vous êtes en conflit peut générer un stress important.

Négocier peut vous mettre en position de dévoiler des informations qui peuvent être utilisées par votre adversaire et réduire votre pouvoir de négociation.

Notamment si vous exprimez vos craintes, vos désirs et préférences, par exemple.

5) Implémentation: Si un compromis est trouvé, sera t’-il mis en place pour autant?

En effet, même si un marché est conclu entre les parties prenantes il y’a toujours un risque qu’il ne soit pas respecté.

Cela est particulièrement valable lorsque votre adversaire manque de fiabilité et qu’il/elle n’a pas concrètement le pouvoir de mettre en application sa part du marché.

Par ailleurs, il est également possible que le compromis soit effectivement implémenté, mais que plus tard votre adversaire revienne sur son engagement.

Ainsi, il faut garder à l’esprit cette notion de temporalité.

Si un compromis est trouvé sera t’il mis en place de manière durable?

En conclusion:

Ces questions vous fourniront une grille de lecture vous permettant d’analyser les avantages et inconvénients de vos différentes possibilités d’actions

Toutefois, il faut garder à l’esprit que ce type d’évaluation n’est pas une science exacte.

Le futur est imprévisible, particulièrement en situation conflictuelle.

Certaines de ses questions vous permettront de trouver des réponses concrètes, notamment celles visant à identifier vos intérêts et priorités.

Pour les questions concernant votre adversaire, il sera probablement plus difficile d’accéder aux informations qui permettront d’y répondre.

Les disputes ne sont pas statiques.

Ce sont des phénomènes dynamiques où les actions des uns affectent les actions des autres.

Ainsi, ce dynamisme peut apporter une certaine complexité dans l’analyse de la situation.

Toutefois, ces questions vous permettront d’analyser la situation et de développer une certaine lucidité sur le conflit.

Ainsi, vous serez en mesure de décider s’il est plus intéressant pour vous de chercher à négocier ou de trouver une alternative.

Cliquez ici pour découvrir l’article: gérer ses émotions en situation conflictuelle.

Il s’agit du deuxième article sur ce blog. Sentez vous libre de me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires. 🙂

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •