Résoudre les conflits

Sortir de la souffrance en situation conflictuelle

7 pièges à éviter pour prévenir un conflit

pièges et conflit

Ou, 7 pièges à éviter pour choisir le conflit…

Non vous ne vous trompez pas, vous êtes bien sur un blog qui vise à enseigner la manière de gérer des conflits.

Je n’avais pas prévu de prendre le thème de mon blog à contre-pied dès le premier article, mais pourquoi pas finalement !?

Et oui, un conflit ne surgit pas de manière spontanée et hasardeuse, comme une grippe qui vous donnerait l’envie de chercher des problèmes aux personnes qui vous entourent…

Vous pouvez potentiellement vous retrouver dans une situation où quelqu’un va vous causer du tort, de manière intentionnelle.

Il existe des milliers de cas de figures où cela peut arriver. En voici quelques exemples :

  • Un collègue s’approprie le fruit de votre travail
  • Vous divorcez et votre ex-partenaire vous extorque
  • Votre responsable vous manque de respect publiquement
  • Un membre de votre famille obtient une part injuste d’un héritage

Dans ce type de situation, vous êtes furieux et deux possibilités s’offrent à vous :

  1. S’asseoir à la table des négociations pour trouver un compromis qui soit acceptable pour vous, et mettre fin à un conflit naissant.
  2. Choisir l’affrontement, développer le conflit.

La question sous-jacente à ces deux options est la suivante :

Quels sont les critères à prendre en compte pour déterminer s’il faut négocier ou affronter votre adversaire, dans une situation où l’on vous a causé du tort ?

Il n’y a pas de bonne réponse à cette question, dans l’absolu.

bargaining with the devil: conflit

Toutefois, je vais partager avec vous 7 pièges, propre aux situations conflictuelles qui peuvent influencer votre prise décision, à savoir, chercher à négocier ou entrer en conflit avec votre adversaire.

Ces pièges ont été identifiés par Robert Mnookin, expert en gestion de conflit et enseignant à Harvard, dans son ouvrage « Bargaining with the devil : When to negotiate, when to fight ? ».

Chacun de ces pièges comprend deux facettes.

Une facette « négative » qui pousse à chercher le conflit, et une facette « positive » qui conduit à chercher un terrain d’entente et à résoudre le conflit.

Avoir conscience de ces pièges est un bon moyen de prendre une décision éclairée et pragmatique au vu de votre situation et d’agir dans le sens de ce qui est important pour vous.

C’est pourquoi, j’y ai intégré des exemples de questionnement visant à déterminer si ces pièges influent sur votre manière d’analyser un conflit.

1 – Le tribalisme VS L’universalisme

Le tribalisme est un biais psychologique qui pousse à percevoir son groupe de manière positive.

En ce sens il conduit à percevoir les groupes extérieurs de manière négative, et indigne de confiance.

Ce phénomène fait appel à l’identité du groupe ; la culture, l’ethnicité, le langage, par exemple.

A l’opposé du tribalisme, on retrouve l’universalisme.

Ce biais consiste à sous-estimer l’importance des différences crées par la culture, l’histoire et l’identité d’un groupe, par exemple.

C’est partir du principe que chaque personne est identique malgré les différences culturelles, historiques, environnementales, etc.

Il y’a-t-il des critères liés à l’identité du/ des groupes de références de mon adversaire, pris en compte dans ma décision d’entrer en conflit (ex : nationalité, religion, genre) ?

2 – La Diabolisation VS La rationalisation contextuelle  

C’est la croyance selon laquelle les mauvaises actions réalisées par autrui sont le produit d’une personnalité fondamentalement mauvaise, indépendamment des circonstances extérieurs.

La rationalisation contextuelle c’est, à l’inverse, penser que les actes d’autrui sont uniquement le produit de circonstances extérieurs et ne sont pas liées au caractère de la personne.

Vais-je m’appuyer sur des circonstances extérieures ou sur des traits de personnalités pour expliquer un comportement malveillant ?

3 – La déshumanisation VS La réhabilitation/ rédemption

La déshumanisation consiste à traiter son « adversaire » comme un objet.

C’est le fait de faire perdre son caractère humain à un individu, à un groupe, de lui enlever toute générosité, toute sensibilité.

C’est un mécanisme central dans le développement du racisme, et de la discrimination.

La réhabilitation/ rédemption, c’est admettre que chacun mérite d’être pardonné et d’avoir une chance de se rattraper, malgré le tort causé.

4 – Le moralisme VS La faute partagée

Le moralisme est la tendance à penser que le parti adverse est complètement en tort et que vous êtes totalement innocent.

“La faute partagée” c’est croire que dans chaque conflit, la faute est attribuable de manière égale à l’ensemble des partis impliqués

Par conséquent, la responsabilité doit être partagée.

Qui est responsable du conflit ? Ai-je une part de responsabilité dans son développement ?

5 – La somme nulle VS le compromis gagnantgagnant

C’est percevoir le monde en termes de compétition : Si une équipe gagne, l’autre équipe perd forcément.

Autrement dit, tout ce qui bénéficie à votre ennemi est forcément mauvais pour vous.

Les « bénéfices/ avantages » de mon adversaire ont-ils réellement un impact négatif sur moi ?

le compromis gagnant/ gagnant c’est penser qu’un compromis qui arrange tout le monde, est toujours possible en situation conflictuelle.

Suis-je convaincu qu’il est possible de trouver un compromis gagnant/ gagnant dans toute situation conflictuelle ?

6 – Se battre/ Fuir VS l’apaisement

Face à un conflit intense, vous pouvez foncer tête baissée dans une lutte contre votre adversaire, ou au contraire fuir et concéder ce qui est important pour vous dans l’espoir d’éviter un affrontement.

Ai-je plutôt tendance à fuir ou à foncer tête baissée dans un conflit ?

L’apaisement c’est négocier et faire des concessions plutôt que de prendre le risque de perdre un affrontement.

En conflit, vais-je chercher à négocier coûte que coûte ?

7 – a) L’appel au combat VS L’appel à la paix:

C’est mobiliser ses « troupes » pour affronter « le mal ».

Dans ce cas de figure, le leader du groupe clame que sa motivation principale est le bien du groupe.

Le langage employé intégrera les mécanismes de diabolisation, de moralisme, de tribalisme et déshumanisation.

L’appel au combat sert souvent, les intérêts politiques du leader du groupe.

L’appel à la paix est la croyance selon laquelle n’importe quel conflit peut-être évité voir interrompu grâce à des initiatives de sensibilisation au maintien de la paix.

L’appel à la paix peut impliquer les notions d’universalisme, de pardon, de rédemption, et de responsabilité partager.

conflit conséquences

Quels impacts sur votre perception de la situation?

Les pièges “négatifs” sont prévalents dès lors que l’adversaire est perçu comme fondamentalement malveillant.

Dans une situation conflictuelle, il est facile de tomber dans ce type de biais psychologique et de considérer quelqu’un qui vous a causé du tort, comme véritablement malfaisant.

Ces pièges « négatifs » nous conduisent à exagérer le coût d’une négociation avec l’adversaire tout en sous-estimant les bénéfices potentiels que cela peut apporter.

Les pièges « positifs » ont l’effet opposé.

Autrement dit, ils nous poussent à surestimer les bienfaits d’une négociation.

Ces pièges sont des manières « par défaut » de gérer un conflit.

Nous avons tous des prédispositions à tomber dans l’un ou l’autre de ces biais.

 Ces préférences sont notamment déterminées par notre personnalité, nos expériences passées, et notre identité.

Comment éviter ces pièges :

  • La première étape est bien sûr de prendre connaissance de ces pièges et de réussir à les identifier
  • Ensuite, il s’agit de prendre conscience de ses émotions dominantes en situation conflictuelle, pour identifier les types de pièges dans lesquelles vous êtes le plus à même de tomber.
  • Chercher d’autres points de vues, de sorte à obtenir des avis différents sur la situation pour prendre du recul et éviter de prendre une décision précipitée.

Cliquez-ici pour découvrir l’article: Resoudre-les-conflits.fr : 10 articles plus tard

Il s’agit du premier article sur ce blog. N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires et si vous avez trouvé ce contenu utile :).

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  1. Vanessa

    Article très instructif et intéressant !

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