émotions et conflits

Comment prendre par les émotions pour résoudre les conflits?

Le coût des sentiments non exprimés 

Dans son livre, Non-Violent Communication : a language of life Marshall Rosenberg, déclare que nous sommes entraînés à être dirigés par d’autres plutôt qu’à être en contact avec nous-même.

Il explique que nous avons pris l’habitude de nous conformer aux attentes des autres.

Cela au détriment de ce que l’on aimerait réellement faire.

Nous n’avons jamais appris à exprimer nos émotions pour faire part de notre désaccord par peur d’aller à contre courant.

En effet, nous avons intégré le fait que dire ce que l’on ressent est un aveu de faiblesse.

Garder la face et vouloir conserver une image de soi valorisée par son entourage est parfaitement naturel.

Toutefois, en agissant de cette manière en situation conflictuelle, nous avons tendance à employer des stratégies qui visent à dévaluer les autres pour contre attaquer et nous dédouaner des causes du conflit.

Dans certains contextes ces stratégies sont particulièrement inefficaces puisqu’elles nous poussent à exprimer des choses qui peuvent blesser notre interlocuteur et envenimer la situation.

C’est pourquoi, votre salut se trouvera dans le fait d’être transparent avec les autres sur ce que vous ressentez et sur la manière dont leurs comportements peuvent vous affecter.

Pourquoi ça me direz-vous ?

S’il existe bien une chose que nous partageons toutes et tous ce sont les émotions.

Peu importe que nous soyons passés maître dans l’art de la dissimulation de ces dernières pour conserver une image forte, nous restons tout de même des êtres émotionnellement sensibles.

Toutes ces formes de ressentis sont autant de point de résonances entre les personnes qui vont faciliter l’empathie et une meilleure écoute.

Ainsi, si de cette manière vous apprenez à conduire votre interlocuteur à comprendre voir à ressentir les émotions que vous vivez, vous serez à même de l’influencer et de faire évoluer son comportement.


émotions et pensés

Distinguer ce que l’on ressent de ce que l’on pense.

La première étape pour développer cette aptitude est d’apprendre à distinguer ce que l’on pense d’une situation de ce qu’elle nous fait ressentir.

Par ailleurs, nous avons tendance à utiliser la formulation « je me sens » pour exprimer des pensées, sans pour autant exprimer d’émotions et/ou sentiments.

Par exemple : je me sens incompétent lorsque je joue du piano.

Dans cette déclaration, je vais exprimer une évaluation de mes compétences de pianistes mais je ne vais pas exprimer de ressenti à proprement parler.

Pour ce faire, il aurait d’avantage fallu exprimer cela de cette manière :

« Je ressens de la déception/ je suis déçu de moi-même lorsque je joue du piano ».

« Je ressens de l’impatience/ je suis impatient lorsque je joue du piano ».

« Je ressens de la frustration/ je suis frustré lorsque je joue du piano ».

De fait, les pensées et les évaluations auront tendances à provoquer moins d’empathie chez notre interlocuteur que l’expression d’émotions.

Voici quelques exemples pour vous aider à saisir la nuance :

1 – Je me sens sans importance pour mes proches.

L’expression « se sentir sans importance » décrit d’avantage une évaluation que l’on pense que les autres ont de nous.

Pour exprimer ses émotions, il faudrait plutôt formuler cela de cette manière :

« Je me sens triste » ou « je me sens découragé »

2 – Je me sens ignoré.

De même, ici nous interprétons le comportement des autres mais nous n’exprimons pas de ressenti.

On pourrait dire « je me sens blessé ».

émotions et vocabulaire

Enrichir son vocabulaire d’émotions et sentiments.

La deuxième étape est de développer son vocabulaire dans le champ des émotions et des sentiments.

Par exemple, à la question « ça va ? »au lieu de dire « ça va ! » on pourrait dire « oui, je suis content ! » ou « oui, je suis enthousiaste ».

La réponse « oui, je suis enthousiaste ! » aura plus d’impact sur votre interlocuteur en partageant une émotion positive qu’un « ça va ! » neutre et plutôt froid.

Marshall Rosenberg a établi une liste de mots visant à développer notre capacité à exprimer nos émotions et à décrire toute une gamme d’état émotionnel.


1 – Ce que nous sommes susceptibles de ressentir lorsque nos besoins sont satisfaits.

absorbé

aventureux

affectueux

alerte

vivant

étonné

amusé

Animé

reconnaissant

excité

étonné

calme

de bonne humeur

confortable

confiant

content

Enchanté

envieux

en extase

ravi

enchanté

encouragé

énergique

absorbé

enthousiaste

excité

fasciné

libre

joyeux

inspiré

intéressé

intrigué

revigoré

impliqué

joyeux

paisible

fier

rafraîchi

détendu

soulagé

satisfait

touché

tranquille

confiant

optimiste

éveillé

envoûté

stimulé

surpris

2 – Ce que nous sommes susceptibles de ressentir lorsque nos besoins ne sont pas satisfaits.

peur

agité

alarmé

distant

fâché

angoissé

agacé

anxieux

apathique

inquiet

excité

honteux

égaré

amer

chagriné

confus

abattu

déprimé

désespéré

découragé

détaché

mécontent

déçu

désabusé

consterné

inquiet

affligé

perturbé

abattu

énervé

embarrassé

aigri

exaspéré

épuisé

fatigué

craintif

agité

effrayé

frustré

furieux

coupable

hésitant

horrifié

blessé

impatient

indifférent

irrité

jaloux

nerveux

méfiant

misérable

morose

triste

rongé

engourdi

submergé

paniqué

perplexe

pessimiste

rancunier

réticent

choqué

sceptique

somnolent

désolé

surpris

fatigué

troublé

malheureux

crispé

vexé

mélancolique

En développant votre vocabulaire avec ces mots vous pourrez nommer et identifier vos émotions, et créer une véritable connexion avec les autres, plus facilement.

Nous autoriser à être vulnérables en exprimant nos sentiments peut aider à résoudre certains conflits.

La communication Non-Violente, distingue l’expression des émotions de l’expressions d’évaluations, d’interprétations et de jugements.

Exercice émotion

Exercice :

Rien de mieux qu’un petit entraînement pour réussir à faire cette distinction d’un coup d’œil !

Identifiez les phrases correspondant bel et bien à l’expression d’émotions :

1. “J’ai l’impression que tu ne m’aimes pas.”

2. “Je suis triste que tu partes.”

3. “J’ai peur quand tu dis ça.”

4. “Quand tu ne me salues pas, je me sens négligé.”

5. “Je suis heureux que vous puissiez venir.”

6. “Tu es dégoûtant.”

7. “J’ai envie de te frapper.”

8. “Je me sens incompris.”

9. “Je suis content de ce que vous avez fait pour moi.”

10. “Je ne vaux rien.”

Correction :

1 – « J’ai l’impression que tu ne m’aimes pas » n’exprime pas une émotion. Cela exprime une interprétation de la part de la personne qui s’exprime.

2 – Bonne réponse !

3 – Bonne réponse !

4 – « négligé » ne correspond pas à une émotion. Cela exprime également une interprétation liée au comportement de l’autre personne.

5 – Bonne réponse !

6 – Ici il s’agit d’un jugement ou d’une évaluation.

7 – Cela désigne une action que l’on souhaite réaliser en réaction à une émotion, ici non exprimée.

8 – Pareil, ici il s’agit d’une interprétation du comportement des autres.

9 – Bonne réponse !

10 – Il s’agit d’un jugement de valeur.

Discussion émotion

Discussion :

Dans son Livre, Rosenberg nous invite à être plus transparent avec nous même et avec les autres vis-à-vis de ce que l’on ressent.

Il part du principe que cette transparence est ce qui va nous permettre de mieux nous connecter aux autres.

Selon lui, cela permettrait de prévenir les conflits en amenant nos interlocuteurs à avoir une réelle écoute et donc une réelle considération, vis-à-vis de nos problématiques.

Toutefois, nous sommes conditionnés par notre culture et par notre éducation, à ne pas communiquer sur la manière dont le comportement des autres peut nous affecter.

Cela est encore bien souvent considéré comme un aveu de faiblesse.

C’est admettre que l’autre exerce un certain pouvoir sur nous, que nous ne pouvons pas contrôler.

Pour éviter de nous retrouver dans cette posture, nous préférons passer à l’attaque en diabolisant l’autre plutôt que de nous abaisser à avoir une conversation honnête et transparente qui pourrait résoudre la situation.

A mon sens, cette transparence peut être pertinente dans certains contextes pour résoudre des conflits mais ne doit pas pour autant être utilisé à toute les sauces.

En effet, je pense que cela peut être utile dès lors qu’il y’a une forte interdépendance entre les personnes.

Notamment, lorsque la réussite de l’un engendre la réussite de l’autre et lorsque l’échec de l’un entraîne l’échec de l’autre.

Dans ces circonstances il me semble nécessaire d’avoir cette transparence sur le ressenti des uns et des autres pour le bon fonctionnement du groupe.

C’est particulièrement le cas au sein des familles ou des couples, où de manière générale il existe une forte interdépendance affective entre les membres.

Par ailleurs, il existe des environnements où avoir une telle transparence sur ce que l’on ressent pourra avoir un impact contreproductif sur nous-même.

Par exemple, en position de leadership où il est important de véhiculer une image forte, s’exposer de cette manière peut engendrer une perte de crédibilité, notamment si l’on exprime ses craintes, ou un manque de confiance.

Le risque est de perdre l’adhésion, l’engagement et la confiance de son ou ses équipes.

C’est pourquoi, comme pour les autres articles que j’ai écrit jusqu’à présent, je vous invite à considérer cette approche comme un outil supplémentaire pour résoudre des conflits dans certaines circonstances sans pour autant en faire une vérité absolue à appliquer dans toutes les situations.

En vous souhaitant un excellente journée.

Vous êtes libre de laisser un commentaire ci-dessous.

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